Cette question tourmente les cueilleurs sérieux qui veulent à la fois remplir leur panier et assurer la pérennité de leur « talle ». Peut-on tout cueillir? Doit-on, pour permettre la reproduction des champignons laisser sur place 50%, 25%, 10% des fructifications? Est-il préférable d’arracher le champignon ou de couper le pied à la base?

Les résultats d’une étude suisse, portant sur une période expérimentale de vingt-neuf années, nous apportent certaines réponses.

Il a été démontré que le nombre de sporophores (les fructifications) n’avait pas diminué de façon significative, que les champignons aient été cueillis par coupe ou par arrachage

La pratique de laisser sur place une partie des champignons n’a pas augmenté le nombre de champignons l’année suivante. Cependant, les chercheurs ne se prononcent pas sur l’influence d’une cueillette totale de toutes les fructifications à chaque année sur la survie à long terme d’un champignon sur un site donné.

Un fait important noté par cette étude est que le piétinement du sol lors de la cueillette a eu une influence négative marquée sur la formation des fructifications. Ils ont observé un nombre beaucoup moins élevé de champignons sur les surfaces piétinées que sur les surfaces non piétinées.

En conclusion, coupez ou arrachez, et laissez quelques spécimens sur place car un doute subsiste sur la survie à long terme. Mais surtout, évitez de piétiner inutilement vos sites de cueillette.

Diane Barriault

Référence : Egli, Peter, M., Buser. C., Stahel, W., Ayer, F. (2006). Mushroom picking does not impair future harvests – results of a long-term study in Switzerland. Biological Conservation 129: 271–276.

La publication est également accessible (fichier pdf) sur le site www.pilzreservat.ch